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L’art au service des barrières de corail

L’art au service des barrières de corail

5 questions à Jérémy Gobé, artiste plasticien

Quand l’art dépasse la contemplation et s’engage pour déclencher une prise de conscience… À l’heure où les barrières de corail sont menacées de disparition, Jérémy Gobé, artiste plasticien, se mobilise au service de l’écologie avec son projet Corail artefact, né en 2017. L’idée : allier art, science, industrie et éducation pour créer des supports biodégradables en dentelle aidant au développement des coraux, afin de lutter contre leur disparition et repeupler les récifs. Une solution globale saluée par Les Maisons du Voyage, qui ont à cœur les problématiques responsables contemporaines, la préservation des peuples et de l’environnement.
D’où est née cette idée ? Comment ce projet unique est-il mis en œuvre ? Rencontre inspirante avec Jérémy Gobé, suite à notre conférence sur le sujet le 8 mars dernier.

En constatant que le point d’esprit de la dentelle au fuseau du Puy-en-Velay ressemble à s’y méprendre au dessin d’un squelette corallien, une idée a germé : et si cette dentelle pouvait contribuer à sauver les coraux ?

1- Pourquoi avoir créé Corail artefact ?

Jérémy Gobé : Nous sommes dans une situation d’urgence climatique. 30 % de la Grande Barrière de corail a déjà disparu en 2016. Du fait du réchauffement climatique, de la pollution, de la surpêche et autres activités humaines, les récifs se dégradent et sont voués à disparaître d’ici 2050. Or, les coraux sont des éléments vitaux du cycle naturel de notre planète, un véritable poumon marin ! Ils réduisent les dommages dus aux tempêtes et ouragans, ils absorbent l'énergie dévastatrice des tsunamis, ils sont, comme les forêts, de formidables capteurs de CO2, ils abritent 25 % de la biodiversité marine… Il est urgent d’agir pour lutter contre cette dégradation en éduquant sur la gravité des conséquences sur la planète.

2- Comment est née l’idée de Corail artefact ?

Jérémy Gobé : J’ai toujours eu à cœur de mettre en valeur des objets du passé, des savoir-faire voués à disparaitre, en imaginant des œuvres à partir de chutes de matériaux, d’objets de seconde main. J’ai découvert les coraux en chinant. Fasciné par ces sculptures naturelles, j’ai commencé à les étudier et à les prolonger avec différents matériaux tels que de la céramique, des chevilles de chantier, du tricot. En constatant que le point d’esprit, motif traditionnel de la dentelle au fuseau du Puy-en-Velay, ressemble à s’y méprendre au dessin d’un squelette corallien, une idée a germé : et si cette dentelle pouvait contribuer à sauver les coraux ? Corail artefact était né.

3- En quoi consiste concrètement ce projet ?

Jérémy Gobé : Soutenu par des mécènes et par les fonds dégagés par mes activités artistiques, c’est un programme de Recherche, Développement et Innovation (RDI) associant art, science, industrie et éducation. En collaboration avec des dentelières du Mobilier National ou encore la maison de dentelle de Calais SOLSTISS, nous travaillons à la réalisation d’un support en dentelle permettant de capter les larves et de stimuler la régénération corallienne. De façon complémentaire, nos recherches portent sur des structures en béton écologique pour recréer les récifs détruits, et sur des outils d’aquariologie pour éviter que les coraux soient en présence d’éléments toxiques (plastiques, colles…) lors de l’expérimentation. Depuis mars 2021, le projet est expérimenté en Guadeloupe au plus proche des conditions marines réelles, dans l’aquarium extérieur de Coraïbes, société dédiée à la restauration écologique marine.

4- Comment mariez-vous expérience scientifique et création ?

Jérémy Gobé : Science et création se nourrissent, en symbiose. Une matière utilisée pour la création d’une œuvre est développée via un protocole de recherche, puis testée dans un protocole d’expérimentation. En terme de créativité, élaborer un protocole est pour moi équivalent à réaliser une œuvre.

5- Un mot pour conclure ?

Jérémy Gobé : Corail artefact s’attaque également au problème du plastique présent dans les océans en élaborant des contenants biosourcés, végétaux et biodégradables. Et nos expositions d’œuvres plastiques, conférences, ateliers font partie intégrante des actions opérationnelles indispensables pour sensibiliser le grand public. Le projet Enfants Ambassadeurs, en collaboration avec HS_Projets, est par exemple un ensemble d’activités scientifiques, manuelles et créatives autour du corail au sein de classes de primaires.

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