La lenteur ré-enchantée
Ralentir. Prendre son temps. Savourer et s’émerveiller. À vélo ou en train, au fil de l’eau ou à pied, le « slow travel » invite au voyage en toute liberté. Il s’ouvre sur la nature, la lecture et l’inattendu. Les Maisons du Voyage, pionnières en tourisme éco-responsable, guident dans cette aventure.
Quand le moyen de transport transcende le voyage.
« Laisserons-nous le temps envahir à nouveau nos êtres ? Rééquilibrerons-nous la course de nos vies en renouant avec la lenteur ? » s’interroge l’auteur globe-trotteur de L’Éloge de l’énergie vagabonde, Sylvain Tesson. En voyage, le temps est l’ami de la découverte et de la contemplation. Il s’étiole à bord des trains à petite et grande vapeur invitant l’esprit aux rêveries et parfois même à l’ennui – délice négligé de l’époque moderne. La littérature affectionne ces instants « suspendus » et pourtant en mouvement. Du tortillard au luxueux wagon-lit de l’Orient-Express, elle se délecte de cet univers clos propice à l’évasion. Ainsi de Rudyard Kipling, Jules Verne, Léon Tolstoï, Olivier Rolin… Que sais-je encore ?! Agatha Christie, bien sûr, ou encore Paul Theroux qui traverse le Massachusetts jusqu’au grand plateau de la Patagonie en passant par le Costa Rica et Buenos Aires (Patagonie Express).
Autre rythme, autres latitudes avec le deux-roues. La Petite Reine séduit de plus en plus et, elle aussi, a ses belles pages. Elle donne même des ailes à Paul Morand : « À douze ans, j’eus ma première bicyclette ; depuis, on ne m’a plus jamais revu ». Dans son livre Prendre la route, une histoire du voyage à vélo, Alexandre Schiratti explore des parcours oubliés et passionnants en deux-roues. Ainsi de Thomas Stevens, premier cycliste à faire un tour du monde de 1884 à 1886, de San Francisco à Yokohama soit près de 22 000 km… Que de récits jonchent les routes ! Il suffit de les lire... ou de les écrire lors des itinéraires proposés par Les Maisons du Voyage : remonter le Nil à bord d’un dahabiya (bateau traditionnel), parcourir à pied, à bicyclette ou en bateau l’Inde du Sud, saisir la grandeur des espaces canadiens à bord d’un train reliant un océan à l’autre. Plus près de nous, dans le Transcaucasien, découvrir les paysages de la mer Noire à la Caspienne, de la Géorgie à l’Arménie. Ou, depuis Paris, relier par les rails la région souveraine des Grands Lacs italiens dans un lent travelling avant…


















