Les plus beaux paysages du Pérou : 15 lieux à ne pas manquer
Par Jeanne Beauferey, rédactrice voyage
Temps de lecture : 6 minutes
« Le Pérou est un pays très difficile, où il faut continuellement gravir des montagnes, marcher sans cesse dans des gorges et des défilés. », écrivait Guillaume-Thomas Raynal. Mais n’est-ce pas dans la complexité que naissent les plus beaux décors ? Des cités incas suspendues aux crêtes andines aux profondeurs de l’Amazonie, des canyons vertigineux aux rivages du Pacifique, le Pérou se découvre par contrastes. Entre sites emblématiques et échappées plus confidentielles, voici nos 15 coups de cœur.
Il y a des pays dans lesquels on s’abreuve de paysages. Voilà pourquoi j’aime tant voyager au Pérou, rien ne s’y ressemble, et partout, des histoires et des légendes.
Pérou andin – Terres d’altitude et héritage inca
1. Machu Picchu – Évidemment
Longtemps méconnu par le monde occidental, le Machu Picchu, situé dans le sud du Pérou, est révélé en partie par l’explorateur américain Hiram Bingham, persuadé d’avoir découvert Vilcabamba en 1911. Comme quoi, dans chaque erreur peut se cacher une pépite… Côté paysage ? Des terrasses construites comme de véritables stratifications de pierre, de gravier et de terre pour ne pas tirer révérence à chaque épisode de pluie. Accrochées à flanc de montagne, elles se déploient dans les mêmes teintes que le pic du Huayna Picchu au loin. Du relief, partout, beaucoup de relief. La cité semble en équilibre au-dessus du vide, entre jungle dense et crêtes escarpées. Élu en 2007 parmi les sept nouvelles merveilles du monde, elle est définitivement la vedette de ce top 15.
Les étapes incontournables : arriver dès le lever du jour pour profiter de la quiétude des lieux ; gravir le Huayna Picchu ; observer le site depuis la porte du Soleil (Inti Punku).
2. Vallée Sacrée – Le grenier des Incas
Impossible de ne pas faire halte dans la Vallée Sacrée, tant qu’à être de passage entre Cusco et Machu Picchu… Au temps des Incas, son climat agréable et ses terres fertiles firent de la vallée de l’Urubamba le grenier de l’empire, une aubaine pour les cultivateurs de maïs. Elle constituait aussi un point stratégique, contrôlant l’accès vers la jungle toute proche. Une jungle basse, très humide, qui cède rapidement la place aux villages andins, où l’on découvre les coulisses du tissage avant de partager un repas avec une famille quechua, face aux terrasses de Pisac et aux fortifications d’Ollantaytambo. Il y a pire comme décor…
Les étapes incontournables : partager un déjeuner chez l’habitant ; flâner au marché de Pisac ; passer la nuit dans un lodge de charme.
3. Cusco et ses montagnes – Un drôle de mariage
À plus de 3 400 mètres d’altitude, ancienne capitale de l’Empire inca et l’un des plus importants centres de création et de production d’art religieux du continent… Nous avons nommé Cusco. Et ce qu’on aime, c’est cette jonction singulière entre les cultures inca et hispaniques, qui sur le papier ont tout pour ne pas fonctionner ensemble et pourtant ! Les églises baroques dominent des bases en pierre, blocs de granit ou d’andésite patiemment ajustés par les Incas. Les rues, droites et étroites, serpentent entre ces murs, laissant apparaître au détour d’un angle les vestiges du Temple du Soleil. Plus loin, l’époque coloniale a laissé derrière elle ses maisons basses blanchies à la chaux, ses palais et ses édifices religieux. Que c’est beau, Cusco.
Les étapes incontournables : assister au lever du soleil à Sacsayhuamán ; découvrir le centre historique à pied ; explorer le quartier de San Blas et ses ruelles artisanales.

Au cœur des Andes, à plus de 5 000 mètres d’altitude, la montagne Vinicunca vient presque détonner, en apportant de la magie à ce monde de matières brutes. Ce paysage, né de l’accumulation de sédiments sur des millions d’années, doit son rouge à l’oxyde de fer, son vert au sulfate de cuivre et son jaune au soufre. Ses multiples strates de couleurs, des alpagas aux colliers brodés péruviens assortis… et nous. Mais attention, l’ascension reste exigeante en raison de l’altitude. Des alternatives existent, comme effectuer une partie du parcours à cheval ou préférer sa « petite sœur », Palcoyo, tout aussi colorée et plus accessible.
Les étapes incontournables : s’élancer sur les sentiers d’altitude dès les premières heures ; admirer Vinicunca dans toute son étendue ou opter pour Palcoyo, plus accessible.
5. Lac Titicaca – Le plus haut lac navigable du monde
Difficile, enfant, de ne pas esquisser un léger sourire à l’évocation de son nom. Et puis, une fois sur place, c’est le sourire de l’émerveillement qui prend le relais. Le plus haut lac navigable du monde (posé dans une cuvette à près de 3 800 mètres d’altitude), des eaux d’un bleu profond… et plus loin, le peuple Uros. Une civilisation qui vit et travaille sur des îles flottantes entièrement faites de roseaux tissés. Sur l’île de Taquile, les traditions se perpétuent autrement, sur la terre ferme cette fois, où les habitants cultivent encore en terrasses et perpétuent un artisanat textile d’une qualité plus que notable.
Les étapes incontournables : voguer sur les eaux du Titicaca ; rencontrer le peuple Uros sur ses îles de roseaux ; explorer l’île de Taquile et ses traditions textiles.
6. Altiplano péruvien – Pour les insatiables de découvertes
Entre Cusco et Puno, l’Altiplano vient assouvir cet appétit de « toujours plus ». Plus d’espace, plus de silence, plus de contrastes. Les incontournables ? Le col de La Raya, point culminant de la route, où la puna déploie de vastes étendues dorées, sous le regard de sommets parfois enneigés. Seul au monde, ou presque… En écho, quelques bêlements d’alpagas, encore engourdis de leur sommeil. Plus loin, le site de Raqchi dévoile les vestiges du temple monumental de Wiracocha, témoignage de la puissance et de l’organisation de l’Empire inca. Dernier arrêt : Andahuaylillas, surnommée la chapelle Sixtine des Andes. Derrière une façade sobre, l’église recèle de somptueux décors baroques, entre fresques colorées, dorures et scènes du Nouveau Testament. Comme quoi, l’habit ne fait pas le moine.
Les étapes incontournables : passer par Andahuaylillas et Raqchi ; faire halte au col de La Raya ; s’arrêter à Pucará pour découvrir la vie des hauts plateaux.

Pérou des grands canyons – Vertiges et reliefs
7. Canyon de Colca – Le royaume du condor
Infusion de coca pour affronter l’altitude du Colca. Pas de quoi donner des ailes, encore que… Car ici, les chiffres donnent le vertige. Avec près de 3 000 mètres de profondeur (presque le double du Grand Canyon), le canyon de Colca est le deuxième plus profond au monde, juste derrière celui de Cotahuasi, également au Pérou. Une sensation de respiration nouvelle dans un paysage parfois vide, scandé de sources chaudes et de sites archéologiques perchés. Pour renouer avec le bruit, direction les villages : Chivay, son marché animé, sa place et ses lamas puis Yanque et sa route qui traverse la réserve naturelle de Salinas et Aguada Blanca, réputée pour ses flamants roses, ses vigognes et ses alpacas en liberté.
Les étapes incontournables : assister au vol des condors à la Cruz del Condor ; parcourir les sentiers escarpés du canyon ; faire une pause dans les sources thermales de Chivay.
8. Arequipa et volcans – La ville sous les géants
Après le vide, dans le sud du Pérou, la ville blanche d’Arequipa se dessine sous l’œil du volcan Misti, qui lui a offert sa pierre volcanique quelques siècles plus tôt. Depuis le point de vue de Yanahuara, le regard se félicite d’avoir quitté les reliefs pour mieux embrasser la ville. On retrouve la Plaza de Armas, la place principale, reconnaissable à son plan carré, ses palmiers et ses habitants qui s’y attardent pour discuter. Pour retrouver le calme, cap sur le couvent de Santa Catalina : des ruelles étroites, colorées et fleuries, aux airs d’Andalousie. Autrefois, il abritait principalement des religieuses créoles issues de familles aisées, accompagnées de leurs servantes. Aujourd’hui encore, des religieuses vivent dans une petite partie du couvent, le reste étant ouvert à nous, curieux visiteurs…
Les étapes incontournables : rejoindre le mirador de Yanahuara au lever ou au coucher du soleil ; parcourir la Plaza de Armas et ses arcades ; explorer le couvent de Santa Catalina et ses ruelles colorées.
9. Cotahuasi – Le canyon secret
Pour rendre à Cotahuasi ce qui est à Cotahuasi, son fleuve éponyme l’a savamment façonné au fil du temps entre les imposants massifs volcaniques du Coropuna et du Solimana. Un canyon qui ne manque pas de ressources et parmi ses vedettes, la cascade de Sipia, qui s’élance dans le vide sur près de 150 mètres, les sources thermales de Luicho avec leurs bassins en plein air, ainsi que des sentiers menant à des points de vue d’exception ou à des villages traditionnels ! Sur l’eau, au fil des rapides du fleuve, ou encore à vélo sur des pistes qui traversent les paysages andins… les plus chanceux y observent des condors en vol, quelques vigognes et une étonnante flore d’altitude.
Les étapes incontournables : randonner jusqu’à la cascade de Sipia ; se détendre dans les sources thermales de Luicho ; explorer les pistes du canyon.

Côte Pacifique – Déserts et océan
10. Paracas – Zoom sur sa Réserve Nationale
Avis aux amoureux des grands espaces et de la faune marine, la Réserve nationale de Paracas couvre près de 335 000 hectares d’écosystème côtier, nourri par le courant froid de Humboldt, à l’origine d’une biodiversité exceptionnelle. Et pour cause, les affleurements marins font remonter à la surface de grandes quantités de plancton, ressource essentielle pour de nombreuses espèces de poissons, attirant dans leur sillage lions de mer, manchots de Humboldt, pélicans et colonies d’oiseaux marins. Et lorsqu’on laisse le regard se balader vers les hauteurs, il s’arrête net sur d’immenses falaises ocre, des plages désertiques face au Pacifique, la rencontre inopinée de l’eau et de la terre. Grandiose.
Les étapes incontournables : partir en excursion aux îles Ballestas, observer le Candelabre depuis la mer, profiter d’un coucher de soleil dans la réserve.
11. Les lignes de Nazca – Le mystère gravé
« Ici la tour de contrôle, décollage autorisé. » Quelques minutes s’écoulent et nous voilà en train de survoler un mystère probablement jamais élucidé. Depuis les sièges, les légendes se racontent… Peut être des chemins de procession, empruntés lors de rituels dédiés aux divinités de l’eau et des montagnes, dans l’espoir de faire tomber la pluie sur l’un des déserts les plus arides au monde. Certaines lignes pourraient aussi indiquer l’emplacement de puquios, ces accès aux réserves d’eau souterraine. La technique, elle, est connue. Déplacer des pierres couleur rouille pour laisser apparaître le sable clair en dessous. Au total, plus de 800 lignes droites, 300 figures géométriques et une soixantaine de dessins de formes animales ou végétales. Impressionnant ?
Les étapes incontournables : survoler les lignes de Nazca en avion ou les observer depuis un mirador ; découvrir les sites de Cahuachi ou du cimetière de Chauchilla.
12. L’oasis Huacachina – Du vert au milieu du sable
Et soudain, l’oasis Huacachina vient rompre le monochrome beige du désert. Il faut dire que cette eau couleur émeraude, le vert ardent des palmiers et les reflets argentés des eucalyptus apportent une touche de fraîcheur inattendue au cœur des dunes. Balade en canot à rames, sandboard, visite de la distillerie de l’Hacienda Caravedo, connue pour sa production de pisco puis coucher de soleil en plein désert… On raconte que l’oasis serait née des larmes d’une jeune femme éplorée par la perte de son bien-aimé, un guerrier inca. Jour après jour, elle serait revenue sur le lieu de leur première rencontre, laissant son chagrin se déverser jusqu’à former cette lagune. Un chagrin d’amour devenu paysage, qui continue aujourd’hui d’émerveiller les voyageurs venus du monde entier.
Les étapes incontournables : explorer les dunes de Huacachina ; visiter la distillerie de l’Hacienda Caravedo ; profiter de la lagune ; admirer le coucher de soleil sur le désert.
Amazonie – Le monde originel
13. Tambopata – Au cœur de la canopée
Les baskets enfilées, le pull noué autour de la taille, nous voilà fin prêts à affronter notre peur du vertige sur cet immense pont suspendu au-dessus de la jungle de Tambopata. Le regard suit, discipliné, les câbles tendus qui mènent à l’arbre gardien de la forêt. Les perroquets et aras multicolores nous narguent en quelques battements d’ailes. Ne jamais regarder vers le bas. Trop tard. L’émotion est telle que l’on part reposer l’esprit dans l’écolodge au cœur de la jungle amazonienne, avant de flâner au marché nocturne. Sous les lumières tamisées, les étals débordent de fruits tropicaux et de spécialités locales, tandis que les grillades crépitent sous une nuit étoilée.
Les étapes incontournables : observer les aras sur les collpas au lever du jour ; naviguer sur le Río Tambopata ; découvrir le marché nocturne de Puerto Maldonado.
14. Parc national de Manu – Trésor sauvage de l’Amazonie péruvienne
« ¡Cuidado! Zona de tránsito de indígenas en aislamiento ». Un panneau qui rappelle d’emblée que notre passage ne doit en rien perturber les communautés autochtones vivant sur une grande partie du million et demi d’hectares protégés du parc national de Manu. À vrai dire, peu de chances de croiser ces populations tant elles vivent à l’écart, mais notre respect des lieux n’en demeure pas moins primordial. À mesure que nous gagnons en altitude, nos oreilles se bouchent légèrement, tandis que l’air se charge d’humidité. La brume enveloppe les paysages, adoucissant les reliefs et filtrant la lumière. Pourtant, la forêt tropicale du Pérou ne se dérobe jamais tout à fait à notre regard… Au fil du chemin, le guide nous désigne, du bout du doigt, une succession d’apparitions : un quetzal aux couleurs éclatantes, un coq-de-roche tapi dans la végétation ou encore la silhouette fugace d’une chouette dissimulée dans la canopée.
Les étapes incontournables : explorer la forêt de nuages du Manu (bosque nuboso) ; traverser la Zona Cultural de Manu le long du Río Alto Madre de Dios.
Nord confidentiel – L’appel de la quiétude
15. Kuélap – La forteresse des nuages
Les Chachapoyas ont vécu ici plus de 900 ans, dans le nord du Pérou, avant de tomber face aux Incas, puis de disparaître, décimés après l’arrivée des Espagnols et des maladies. Leur langue s’est perdue. Leur histoire est dans les cahiers de l’oubli. Mais une forteresse demeure, le site archéologique de Kuélap, toujours perchée fièrement à près de 3 000 mètres d’altitude. Les ruines circulaires s’enchaînent comme les vestiges de leur passé, fondations de maisons basses et ouvertes, murailles atteignant jusqu’à 20 mètres de hauteur, au bord de pentes vertigineuses… On les surnommait les « Guerriers des nuages », tant la brume enveloppe la cité. La tête dans les nuages, littéralement.
Les étapes incontournables : accéder au site par le téléphérique de Kuélap ; parcourir les ruines circulaires des habitations chachapoyas ; observer la structure énigmatique d’El Tintero ; admirer les panoramas sur la vallée andine.














