Cap au sud. La houle grossit, les nuages filent plus vite et l'océan occupe désormais tout l'horizon. Ne restent que les glaciers, le vent, les vagues et cette croisière vers les cinquantièmes hurlants et les soixantièmes déferlants. Il est là, qui nous attend patiemment. Le cap Horn, silhouette légendaire aux portes de la Patagonie.
Ils s'appelaient Magellan, Francis Drake ou Darwin. Aujourd'hui comme hier, les fjords de Patagonie et le cap Horn continuent de nourrir les rêves d'exploration.
Un cap mythique entre Atlantique et Pacifique
À l'extrême sud de la Terre de Feu chilienne, à la lisière des océans et des légendes, ce promontoire redoutable haut de 425 m, constamment balayé par les vents, inspire autant qu'il fascine. Bien avant les explorateurs européens, les Yaghans, dont l’empreinte culturelle est aujourd’hui mise en valeur dans les musées de la région, naviguaient déjà sur ces eaux glacées dans des canoës d’écorce. Pendant des siècles, il fut un passage obligé pour les navires reliant l’Europe à l’Asie ou à la côte ouest des Amériques. Aujourd’hui encore, franchir le Cap Horn reste un exploit pour les navigateurs, un rite de passage pour les courses au large comme le Vendée Globe.
Un sanctuaire naturel
Dans la réserve de biosphère de Cabo de Hornos, on découvre l’écosystème forestier le plus austral de la planète : canelos, coigües, ñirres et mousses formant de véritables forêts miniatures. La faune y est tout aussi exceptionnelle : albatros aux ailes de 3,5 mètres, manchots de Magellan, éléphants de mer, dauphins du sud et baleines franches australes…