Les plus beaux paysages du Brésil : nos 15 coups de cœur
Par Jeanne Beauferey, rédactrice voyage
Temps de lecture : 6 minutes
Les célèbres maillots jaunes et verts que la nouvelle génération s'arrache, les exploits des stars du ballon rond, le carnaval de Rio ou les plages de Copacabana et Ipanema... Le Brésil n'a pas vraiment besoin de publicité. En revanche, certains de ses paysages mériteraient d'occuper un peu plus souvent le devant de la scène. Des sables vagabonds des Lençóis Maranhenses aux criques sauvages d'Ilha Grande, en passant par le Pantanal, l'Amazonie ou les pavés bosselés de Paraty, le pays donne parfois l'impression d'avoir tiré le gros lot. Voici notre sélection des 15 plus beaux paysages du Brésil, à retrouver dans nos voyages sur mesure et circuits accompagnés.
Une île sans voiture, des policiers à dos de buffle et des rongeurs géants… Bienvenue dans un Brésil moins connu.
Le Brésil grandeur nature
1. Les Lençóis Maranhenses, signés le vent et la pluie
Indociles, fougueuses, entêtées... la liste d'adjectifs est longue pour décrire notre paysage préféré du Brésil. Imaginez une mer de sable dont les vagues avancent lentement vers les oasis habités des Lençóis Maranhenses. Impossible ? Et pourtant. Les alizés poussent les sédiments venus du littoral sur une végétation capable de retenir le sable, donnant naissance à un océan de dunes dont certaines avancent d'un à deux mètres par an. Puis vient la saison des pluies. Entre janvier et juin, l'eau se faufile dans chaque creux du relief et le transforme en un labyrinthe de lagunes éphémères (les lagoas), aux nuances turquoise. Dans ce territoire mouvant, les habitants semi-nomades ont appris à composer avec ses caprices, ajustant leurs maisons de palmes à la lente marche du sable.
Les coups de cœur de nos experts : baignade dans les lagunes de Santo Amaro ; coucher de soleil depuis les plus hautes dunes.
2. Bonito, ça c’est clair !
À vrai dire, la ville l'annonce déjà dans son nom, Bonito qui signifie « beau » en portugais. Et difficile de lui donner tort. Dans les rivières de la région, l'eau est si claire que l'on se croirait dans les Caraïbes. Le Rio da Prata, littéralement « rivière d'argent », doit cette limpidité aux minéraux filtrés par les sols calcaires. Muni d'un masque et d'un tuba, on se laisse alors porter par le courant au-dessus d'herbiers aquatiques, entouré de bancs de poissons multicolores. Aux portes du Pantanal, la plus grande savane inondée du monde, Bonito est aussi un sanctuaire pour la faune sud-américaine. D'innombrables oiseaux, comme les aras rouges menacés, trouvent refuge dans une impressionnante cavité naturelle de 500 mètres de diamètre. Jaguars, tapirs et fourmiliers géants arpentent ces terres. Et puis, surprise... des vaches aussi. Lorsque les eaux envahissent les plaines plusieurs mois par an, les éleveurs conduisent leurs troupeaux vers les collines, où ils patientent jusqu'au retour des pâturages engloutis.
Les coups de cœur de nos experts : descente en snorkeling dans la rivière Rio da Prata ; exploration des grottes et résurgences aux eaux cristallines.
3. Chapada dos Guimarães, la folie des grandeurs
Cha-pa-da-ba-da, pa-da-pa-da... Son nom semble fredonner la célèbre mélodie de Francis Lai. Mais là-bas, le décor semble voler la vedette aux amants. Destination le parc national de la Chapada dos Guimarães. Le panneau indique "Trilha do Cerrado". On tourne le regard et deux falaises encadrent une vallée recouverte d'une forêt étonnamment verte, et ce, même au cœur de la saison sèche. Quelques mètres plus loin, on fait une pause face à la cascade du Véu de Noiva dont le mince filet d'eau plonge dans l'immensité. Le vertige du canyon fait son effet et nous rappelle notre humble place d'explorateurs. Là-bas, même à côté des termitières d'un jaune exubérant, l'être humain paraît minuscule. En attendant, on continue de marcher le long des sentiers qui traversent tantôt les savanes, tantôt les canyons. Au coucher du soleil, les plateaux virent à l'ocre et au rouge, rappelant parfois l'Ouest américain.
Les coups de cœur de nos experts : randonnée jusqu'aux cascades cachées ; panorama sur les falaises ocre au soleil couchant.
4. Les chutes d'Iguaçu, l'opéra des cataractes
Vous pensiez qu'on allait les évincer de ce top 15 ? Nous aussi. Jusqu'au moment où le grondement des 275 cascades a couvert toute discussion. Réparties sur près de trois kilomètres à la frontière de l'Argentine et du Brésil, les chutes d'Iguaçu forment l'un des plus grands spectacles du continent. Dès que l'on s'éloigne des cataractes, un autre concert prend le relais. Celui de la jungle. Cris d'oiseaux, chants de rapaces, bruissements de reptiles dans les sous-bois. À nos pieds, des fourmis géantes traversent les sentiers. Au-dessus de nos têtes, les singes passent d'une branche à l'autre. Puis vient le moment de s'approcher de la célèbre Gorge du Diable, où des millions de litres d'eau disparaissent dans un nuage d'embruns permanent. Après la marche, maillot de bain enfilé, il ne reste plus qu'à se rafraîchir au pied des chutes. Une baignade en pleine jungle, avec pour seul fond sonore le vacarme assourdissant de la nature.
Les coups de cœur de nos experts : sortie en bateau au plus près des cataractes ; découverte du parc au lever du soleil avant l'arrivée des visiteurs.

Les rivages du Nordeste
5. Salvador de Bahia, la couleur de la mémoire
Vert émeraude, rose poudré, bleu ciel, jaune safran... Dans le quartier historique du Pelourinho, les façades célèbrent la couleur. Au-dessus d'elles s'élèvent certaines des plus célèbres églises du Brésil, comme São Francisco et son cloître orné d'azulejos du XVIIe siècle. Pourtant, derrière ces maisons et vestiges de l'art baroque portugais se cache une histoire plus sombre. Il y a cinq siècles, la baie de Tous-les-Saints devint l'une des principales portes d'entrée du commerce esclavagiste au Brésil. Plus d'un million d'Africains y furent déportés pour travailler dans les plantations de canne à sucre. Aujourd'hui, Salvador compte l'une des plus importantes populations afro-descendantes hors d'Afrique. Voilà pourquoi Salvador est souvent considérée comme la capitale africaine du Brésil. Terre de musique et de mysticisme, où les chants du candomblé, les rondes de capoeira et les fitas du Bonfim, ces célèbres rubans porte-bonheur multicolores, continuent de faire vivre cet héritage.
Les coups de cœur de nos experts : coucher de soleil depuis le quartier du Pelourinho ; traversée en bateau de la baie de Tous-les-Saints.
6. Jericoacoara, au revoir le bitume
Jeri pour les plus intimes. Et l'on n'est pas les seuls à lui trouver du charme. En 1994, le Washington Post allait même jusqu'à qualifier ses rivages de plus belle plage du monde. Quel plaisir de laisser ses chaussures dans la valise pour découvrir le village pieds nus dans le sable chaud. Autre chose que l'on délaisse ? La voiture au profit du buggy, fidèle compagnon de route... sans route. Longtemps isolé derrière un rempart de dunes, cet ancien village de pêcheurs conserve encore aujourd'hui des airs de bout du monde. Le soir, habitants et voyageurs se retrouvent au sommet de la célèbre Duna do Pôr do Sol pour regarder le soleil se coucher dans l'Atlantique. Le lendemain, les plus sportifs filent vers les lagunes turquoise ou profitent des vents qui ont fait la réputation mondiale de Jeri auprès des kitesurfeurs.
Les coups de cœur de nos experts : ascension de la dune du coucher du soleil ; excursion vers les lagunes turquoise de la région.
7. Flecheiras, prolonger l'échappée belle
Finalement, on y prend goût. Après les dunes de Jericoacoara, direction Flecheiras, un village paisible du Ceará encore épargné par le tourisme de masse. Seul au monde sur ses plages immenses, où les marées dessinent chaque jour de nouveaux motifs dans le sable. À marée basse, des piscines naturelles apparaissent entre les récifs tandis que les hamacs se balancent au rythme des vagues, à l'ombre des palmiers. Snorkeling, séance de bronzage ou simple lecture, chacun trouve ici son compte. À moins que l'on préfère simplement feuilleter sa pellicule de voyage, encore remplie des dunes des Lençóis, des eaux cristallines de Bonito ou du grondement d'Iguaçu. Après tant d'émotions, cela fait parfois du bien de se poser.
Les coups de cœur de nos experts : promenade à marée basse entre les piscines naturelles ; parenthèse balnéaire dans l'un des villages les plus paisibles du Ceará.

Le Brésil sauvage
8. Le Pantanal, le règne animal
Le Pantanal semble avoir été dessiné par une nature particulièrement inspirée. Un sanctuaire traversé par deux fleuves et d'innombrables rivières. Des plaines qui disparaissent sous les eaux à chaque saison des pluies pour donner naissance à la plus grande zone humide du monde. Rien que ça. Plus vaste que l'Angleterre mais peuplé d'à peine 45 000 habitants. Vu du ciel, certains bras d'eau ressemblent à une toile impressionniste où les nénuphars géants dispersent leurs disques verts sur une eau bleu nuit. Le Pantanal appartient avant tout aux animaux. Les jaguars rôdent dans les sous-bois. Les capybaras, ces placides géants du monde des rongeurs, se prélassent sur les berges. Les caïmans somnolent au soleil.
Les coups de cœur de nos experts : safari en bateau au lever du jour ; observation du jaguar avec un guide naturaliste.
9. L'Amazonie, voir la vie en vert
Le poumon du monde ? Son surnom est devenu un classique. Mais face à plus de six millions de kilomètres carrés de forêt tropicale, un fleuve si vaste que l'autre rive disparaît parfois à l'horizon et une biodiversité parmi les plus riches de la planète (piranhas, dauphins roses...), les métaphores finissent par manquer... Pourtant, derrière l'image de cette nature profuse, on oublie souvent que l'Amazonie est aussi un territoire habité. Au cœur même de la forêt vivent près de 350 000 personnes, qui cultivent le manioc et le riz, pêchent, chassent et, pour certaines, empruntent chaque jour le chemin de l'école ou celui des villages voisins. Les lianes tissent un entrelacs impénétrable, les oiseaux donnent de la voix et l'on remonte l'Amazone en pirogue, fasciné par cette immensité. Ici plus qu'ailleurs, on comprend que les plus grands trésors de la nature ne sont pas forcément les plus éternels…
Les coups de cœur de nos experts : nuit en lodge au cœur de la forêt ; sortie en pirogue à la recherche des dauphins roses.
10. L'île de Marajó, l’île des buffles
Et l'on pense immédiatement à ces habitants à cornes qui font trempette dans les marais, traversent les villages au pas tranquille ou deviennent, le temps d'une patrouille, les fidèles compagnons des policiers locaux. Les pieds dans l'eau, l'île de Marajó, située entre l'Amazone et l'Atlantique, est la plus grande île fluviomaritime du monde. Derrière les palmiers s'étendent d'immenses prairies. À la saison des pluies, elles disparaissent sous les eaux et prennent des airs de Camargue tropicale, attirant une multitude d'oiseaux migrateurs. Entre les mangroves, les chevaux et les buffles qui paissent, on aperçoit parfois une maison sur pilotis au détour d'un igarapé, ces étroits chemins d'eau qui serpentent à travers l'île. Les Amérindiens la surnommaient « le bouclier de l'océan ». Nous, on la décrirait volontiers comme un coin de Brésil particulièrement envoûtant.
Les coups de cœur de nos experts : balade à travers les fazendas traditionnelles ; coucher de soleil sur les plages désertes de l'île.
11. Le delta du Parnaíba, d'émotion en émotion
« De toute façon, tu n'es jamais content ! » Voilà ce que lancerait sans doute une mère à son enfant incapable de s'émerveiller plus de cinq minutes devant un paysage. Pourtant, il existe des endroits qui donnent tort aux plus blasés. Étape phare de la Route des Émotions, le delta du Parnaíba multiplie les changements de décor. Derrière les façades héritées d'un riche passé commerçant, les bras d'un fleuve se dispersent en un dédale d'îles et de mangroves. Plus loin, des dunes immaculées, une lagune et une plage réputée pour ses vents, grande salle de jeu des kitesurfeurs. Sur le sable, on s'amuse à courir derrière les célèbres crabes du delta ou à lever les bras vers les ibis rouges qui dansent dans le ciel du soir. Et soudain, l'heure est à la négociation. « Encore dix minutes... »
Les coups de cœur de nos experts : navigation dans les mangroves ; observation des ibis rouges au crépuscule.

Entre pavés et cocotiers
12. Rio de Janeiro, sais-tu danser la carioca ?
« Ce n'est pas un fox-trot ou une polka... » Mais avant d'être une danse popularisée auprès de toute une génération par Les Nuls, c’est surtout le surnom donné aux habitants de Rio de Janeiro. Du haut du Corcovado, le Christ Rédempteur veille sur la baie tandis que les joggeurs longent Copacabana et les parapentes s'élancent des hauteurs de São Conrado. Sur les collines de Santa Teresa, les demeures anciennes et le musée Chácara do Céu racontent le Rio du XIXe siècle. Après un détour par la le Real Gabinete de Leitura et son étonnante architecture manuéline, le regard se tourne vers les anciens docks réinventés. Sur la place Mauá, passé industriel et architecture futuriste cohabitent désormais entre le MAR et le Museu do Amanhã.
Les coups de cœur de nos experts : montée au Pain de Sucre en fin de journée ; randonnée dans la forêt de Tijuca.
13. Paraty, la belle à l’écart
Mieux vaut laisser les talons aiguilles à l'hôtel. Les pavés bosselés de Paraty n'ont jamais fait bon ménage avec l'équilibre. Hérités, dit-on, des lestes des navires portugais chargés d'or, ils racontent à leur manière le passé prospère de la ville. Après la Cité de la peur, place à la cité de l'or sur la route du Minas Gerais. Un Paraty qui a échappé à l'uniformisation de ses voisines. Comme quoi, être tenue à l'écart des grands axes peut parfois avoir du bon. C'est peut-être ce qui fait son charme. Une belle un brin bizarre, qui séduit par ses ruelles colorées, ses galeries et ses ateliers d'artistes. Depuis notre goélette, les plages désertes et les criques translucides se succèdent. Difficile de quitter Paraty. Pourtant, la suite de la Costa Verde nous attend déjà.
Les coups de cœur de nos experts : balade en goélette dans la baie ; flânerie dans les ruelles pavées à la nuit tombée.
14. La Costa Verde, on se fait un petit bain ?
Puisque oui, elle ne se cantonne ni à Paraty ni à Rio. La Costa Verde égrène des centaines de kilomètres parmi les côtes les plus belles du Brésil. Montagnes, forêts, mer… une palette de verts et de bleus qui régalera les plus voraces de nature. Entre deux caps se cachent des plages accessibles uniquement par bateau ou après plusieurs heures de marche. Parmi les plus célèbres, Lopes Mendes attire les amateurs de plages sauvages, Praia do Sono séduit ceux qui veulent un peu de répit avec l'espèce humaine, tandis que Lagoa Azul et Praia do Aventureiro invitent à enfiler masque et tuba dans des eaux cristallines.
Les coups de cœur de nos experts : croisière privée entre les îles ; découverte des plages secrètes accessibles uniquement par bateau.
15. Ilha Grande, pas de voiture Simone !
Et ce n'est pas une blague. À Ilha Grande, il n'y a ni routes ni voitures. Seulement des sentiers qui serpentent dans une forêt tropicale dense avant de déboucher sur certaines des plus belles plages du pays. Ironie de l'histoire, cette nature préservée doit en partie son salut à un ancien pénitencier de haute sécurité qui a longtemps tenu l'urbanisation à distance. Plus de 80 % de l'île est aujourd'hui protégée. Une bonne nouvelle pour la faune, la flore et tous ceux qui préfèrent le chant des oiseaux au bruit des moteurs. Lopes Mendes, avec son sable blanc parfait, a d'ailleurs trouvé sa place dans bien des classements internationaux. Et puis la marche, ça fait vivre plus longtemps !
Les coups de cœur de nos experts : randonnée jusqu'à Lopes Mendes ; sortie en kayak dans les criques sauvages de l'île.














