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Les plus beaux paysages d’Ouzbékistan

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1 septembre 2026

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Les plus beaux paysages d’Ouzbékistan : 15 escales au carrefour des caravanes

Par Jeanne Beauferey, rédactrice voyage

Temps de lecture : 6 minutes


Ils venaient de Chine, d'Inde, de Perse, de Russie. Ils traversaient des déserts où l'on pouvait marcher des jours sans croiser âme qui vive, sinon quelques moutons karakul au pelage noir et frisé. Puis apparaissait enfin une oasis. On partageait un thé vert, on échangeait des épices, des soieries et des manuscrits ornés de miniatures racontant les grandes épopées du monde oriental. Autour du cou, certains portaient un talisman censé éloigner le mauvais œil. Plus de 2 300 ans après Alexandre le Grand, l'Ouzbékistan continue de raconter ces histoires de caravanes, de savants, de pèlerins et de conquérants. Mais derrière les cultissimes coupoles bleues de Samarcande se cachent bien d'autres paysages… des forteresses oubliées, des montagnes couvertes de pétroglyphes, des lacs en plein désert et, bien sûr, les rivages fantomatiques de la mer d'Aral. Voici notre sélection des 15 plus beaux paysages d’Ouzbékistan, à retrouver dans nos voyages sur mesure et circuits accompagnés.

Au mausolée des Samanides, devenu très tôt un lieu de pèlerinage, les fidèles venaient confier leurs peines à la tombe. Un imam, dissimulé derrière une cloison, leur répondait sans jamais se montrer.

Les cités-oasis de la Route de la Soie


1. Khiva, mouton noir et faïence bleue

Nombreux lui reprochent d'être trop belle. D'être si bien restaurée qu'elle en serait presque devenue un musée. La légende veut que Sem, fils de Noé, ait creusé ici un puits autour duquel naquit la cité. Plus tard, les caravanes de la Route de la Soie y trouvaient ce que les hommes cherchent depuis toujours dans le désert… de l'eau et un peu de répit. Passée la porte de la vieille ville, Khiva, c'est ce bleu vif des faïences, les tons ocre de l'argile et le bois de platane sculpté. On le retrouve sur les portes des médersas comme dans les 218 piliers de la mosquée Djouma. Dans les échoppes s'empilent les toques et les écharpes d'astrakan, confectionnées à partir de la toison de ce mouton noir au pelage frisé. Plus loin trônent le palais Tach Khaouli, les mausolées de Pakhlavan Makhmoud et de Sayid Alaouddine ou encore le minaret Islam Khodja, autant de témoins de l'âge d'or de Khiva. Depuis les terrasses d'Itchan Kala, coupoles, minarets et toits plats semblent avoir été modelés dans la même argile. Au-delà des remparts, les caravanes retrouvent le vide.


Les coups de cœur de nos experts : montée au minaret Islam Khodja ; découverte des ateliers d'artisans d'Itchan Kala ; coucher de soleil sur les terrasses de la vieille ville.


2. Les remparts d'Itchan Kala au lever du soleil

Vu de haut, les remparts d'Itchan Kala ressemblent presque aux copeaux laissés par un crayon fraîchement taillé. L'image peut surprendre… mais difficile de ne pas y penser en observant les murailles ceinturer la vieille ville. Sous les premières lueurs de l'aube, les fortifications de terre crue prennent une couleur rosée. Il suffit de se retourner pour passer des coupoles turquoise de l'oasis aux étendues désertiques qui l'entourent. Le contraste saute aux yeux. D'un côté, une ville densément bâtie où s'échangeaient autrefois les marchandises venues de Chine, d'Inde ou de Perse. De l'autre, une immensité presque vide. Les caravanes parcouraient parfois plusieurs centaines de kilomètres sans croiser d'autre refuge que ces murailles protectrices. À l'échelle de la Route de la Soie, elles valaient de l'or. Au-delà commence déjà le désert du Kyzylkoum et la longue route vers Boukhara.


Les coups de cœur de nos experts : promenade matinale sur les remparts ; panorama sur les coupoles d'Itchan Kala et le désert environnant.


3. Boukhara, la ville-oasis aux mille coupoles

Tout vient à point qui sait attendre. Après les 450 kilomètres du désert du Kyzylkoum qui séparent Khiva de Boukhara, le dicton prend tout son sens. Aujourd'hui, la route est droite et bien entretenue. Jadis, sur la Route de la Soie, il fallait probablement avoir le cœur et l'estomac bien accrochés. Au bout du voyage, la cité abritait, dit-on, jusqu'à 365 mosquées, pour ne rendre jaloux aucun jour de l'année. D'où son surnom de ville aux mille coupoles. De la période prémongole subsistent notamment le mausolée d'Ismaïl Samani ainsi que la mosquée Kalon et son célèbre minaret de 47 mètres. Le premier aurait survécu aux destructions grâce au sable qui l'avait longtemps dissimulé. Le second est entouré d'une autre légende, Gengis Khan lui-même l'aurait épargné.


Les coups de cœur de nos experts : découverte des coupoles marchandes ; flânerie dans la vieille ville au coucher du soleil.


4. Le Lyabi-Haouz, le salon de thé de Boukhara

Lorsque le thermomètre dépasse allègrement les 40 degrés, les abords du bassin deviennent l'un des endroits les plus prisés de Boukhara. Sur les bancs, les habitués se retrouvent à l'ombre des mûriers centenaires pour une partie de dominos sur les tables des chaikhanas. À côté, une théière n'est jamais bien loin. On la fait tourner trois fois. Une première pour la terre et l'argile, dont serait issu l'homme, une deuxième pour l'huile, une troisième pour le thé lui-même. Non loin du bassin siège la statue de Nasreddin Khoja, philosophe à l'humour légendaire dont les histoires parcourent les routes caravanières depuis le XIIIe siècle, presque toujours représenté aux côtés de son fidèle âne. Face au bassin, fière et élégante, la mosquée Bolo Khaouz. Surnommée la mosquée aux 40 colonnes, elle n'en possède pourtant que 20. Selon la légende, l'architecte aurait eu l'idée de jouer avec le reflet de l’eau, qui doublait aussitôt leur nombre et satisfaisait les ambitions de son commanditaire.


Les coups de cœur de nos experts : pause dans une chaikhana à l'ombre des mûriers ; statue de Nasreddin Khoja au bord du bassin.


5. Le Registan de Samarcande, des étoiles plein les yeux

Dernière grande étape de la Route de la Soie, Samarcande doit une bonne part de sa splendeur à Tamerlan, qui en fit la capitale de son empire à la fin du XIVe siècle. Pour embellir sa cité, le conquérant fit venir artisans, architectes et bâtisseurs de tout l'Orient. Manifestement, il n'était pas homme à penser petit. Impossible de rester indifférent face au Registan. Avec ses trois médersas (écoles coraniques), Oulough Beg, Cher-Dor et Tilla-Kari : mosaïques bleues, portails gigantesques, minarets vernissés... on ne sait plus où donner de la tête. Plus loin, la nécropole de Chakh-i-Zinda et ses mausolées couverts de céramiques, la mosquée Bibi Khanoum et le Gour Emir rappellent eux aussi l'ambition des Timourides. Autre facette de Samarcande, l'observatoire d'Oulough Beg. Au XVe siècle, le petit-fils de Tamerlan, astronome autant que souverain, réunit à Samarcande les meilleurs savants de son temps. Ensemble, ils observèrent le ciel pendant des années et relevèrent la position de 1 018 astres.


Les coups de cœur de nos experts : visite du Registan au lever du soleil ; découverte de la place illuminée après la tombée de la nuit ; visite de l'observatoire d'Oulough Beg.


6. Tachkent, la capitale reconstruite

On s'imagine déjà quelques sourcils se froncer à la lecture de ce numéro 6. Et pourtant. Certains paysages doivent leur podium à l'histoire qu'ils racontent. Et de ce point de vue, Tachkent n'a pas son pareil en Ouzbékistan. Derrière ses larges avenues rectilignes se cache une ville marquée par le tremblement de terre de 1966, qui détruisit une grande partie de la capitale avant de donner naissance à un vaste programme de reconstruction, et ce, jusque dans le métro. Marbres, mosaïques, colonnes et lustres démesurés transforment chaque station en palais souterrain. Longtemps considéré comme l'un des plus beaux de l'ex-URSS, il dévoile des univers tantôt fastueux, tantôt futuristes. Alisher Navoï, Ozbekiston, Kosmonavtlar, Beruniy ou Turkiston figurent parmi nos coups de cœur. Autres coups de cœur ? Le théâtre d'opéra et de ballet Alisher Navoï et le bazar Chorsu. Sous son immense coupole turquoise, où s'affiche un chaleureux Xush Kelibsiz (« Bienvenue »), montagnes d'épices, fruits secs et pains traditionnels perpétuent l'héritage marchand de la Route de la Soie.


Les coups de cœur de nos experts : découverte du complexe Khast-Imam ; balade dans les plus belles stations du métro de Tachkent ; flânerie dans les allées du bazar Chorsu.

Déserts, forteresses et routes caravanières


7. Le désert du Kyzylkoum, 1, 2, 3, le roi du silence commence

Entre Khiva et Boukhara, il est l’un des plus grands déserts d'Asie centrale. Son nom signifie « sable rouge », mais le Kyzylkoum décline en réalité une multitude de nuances, du beige doré à l'ocre, selon la saison et la course du soleil. Pendant des siècles, les caravanes de la Route de la Soie l’ont parcouru pour relier les grandes oasis du monde musulman. Le paysage semble minimaliste, presque dépouillé. Une sobriété déconcertante. À mesure que la route droite se déroule, quelques troupeaux de moutons karakul brisent parfois la monotonie du paysage. Leur laine sert à confectionner l'astrakan des toques aperçues sur les marchés de Khiva. Vous vous en souvenez ? De loin en loin apparaissent aussi quelques yourtes, rappel que ces immensités ont toujours été habitées.


Les coups de cœur de nos experts : traversée du désert au lever du jour ; observation des étoiles loin de toute pollution lumineuse.


8. Toprak Kala, non ce n’est pas un château de sable

À première vue, difficile de ne pas y faire le parallèle. Avec ses murs de terre crue qui se confondent presque avec les teintes du désert, Toprak Kala pourrait passer pour un gigantesque château de sable abandonné au milieu des plaines du Khorezm. Mais elle est en réalité une citadelle construite il y a plus de deux mille ans, au cœur de l'un des plus puissants royaumes d'Asie centrale. Longtemps dissimulées sous les sables, ses ruines ne furent véritablement redécouvertes qu'au XXe siècle. Les archéologues durent alors recourir à des expéditions aériennes pour repérer les vestiges disséminés dans l'immensité désertique. D'après le Bulletin de l'Académie des sciences de l'U.R.S.S., leur importance serait comparable à celle des ruines mayas ou khmères. Depuis les hauteurs de la forteresse, le regard porte à des kilomètres à la ronde. On imagine alors les souverains du Khorezm surveillant les routes commerciales qui traversaient autrefois ces paysages.


Les coups de cœur de nos experts : panorama depuis les remparts antiques ; découverte des vestiges au coucher du soleil.


9. Le lac Aydarkoul, est-ce un mirage ?

Visiblement non, mais une création des années 1960, lorsque l'Union soviétique détourna les eaux du Syr-Daria pour irriguer les terres arides environnantes. Trois mille kilomètres carrés de bleu au beau milieu du désert. Un bleu joueur qui, selon les heures de la journée, passe du bleu profond à l'argent. Un refuge pour les hommes comme pour les animaux. Poissons, flamants roses, cygnes, hérons et autres oiseaux migrateurs y trouvent nourriture, repos ou simplement un peu de fraîcheur. Sur les rives du lac, quelques camps de yourtes offrent l'occasion d'enfiler une toque d'astrakan et de partir à la rencontre des nomades. On partage une partie de pêche au coucher du soleil puis la soirée se prolonge autour du feu à écouter les récits de ce lac salé apparu presque au moment où nous sommes nés…


Les coups de cœur de nos experts : balade au bord du lac au coucher du soleil ; nuit sous la yourte face aux eaux d'Aydarkoul.


Montagnes, villages et mer


10. Montagnes du Nourata, sentinelles du désert

On venait pour les déserts et les villes de la Route de la Soie. On se retrouve face à des montagnes. Les monts Nourata, ou l'une des plus belles surprises du voyage en Ouzbékistan. Sur les hauteurs subsistent les vestiges de la forteresse de Nur, attribuée à Alexandre le Grand. Depuis ce promontoire, on observait l'arrivée des caravanes comme celle des armées. Aux alentours, ouvrez bien les yeux. Quelques pétroglyphes gravés dans la roche rappellent que les hommes fréquentaient déjà ces montagnes bien avant les caravanes. Pépite.


Les coups de cœur de nos experts : randonnée jusqu'aux points de vue dominant le désert ; découverte des pétroglyphes ; observation du mouflon de Severtsov.


11. Hayat, seul au monde ou presque

Quelques maisons de pierre accrochées aux pentes, des vergers, des troupeaux et les reliefs des monts Nourata en arrière-plan. Bienvenue dans l'Ouzbékistan rural. En été, les habitants profitent de la fraîcheur des montagnes. Lorsque les premiers froids arrivent, certains rejoignent leurs habitations d'hiver… Les pâturages se vident peu à peu. Seul au monde, encore une fois. Pour combien de temps ? En attendant, cap sur les environs d'Hayat où subsistent les traces d'anciennes vies. Des hameaux abandonnés à l'époque soviétique, quelques ruines, des chemins qui semblent ne mener nulle part. Avec un peu de chance, on apercevra aussi le mouflon de Severtsov, un mouton sauvage devenu rare et désormais protégé dans la région.


Les coups de cœur de nos experts : balade dans les vergers du village ; partage d'un repas traditionnel avec une famille ouzbèke.


12. Dans la vallée, oh oh, des monts Nourata

Un peu de vert dans un pays d'ocre. Entre les reliefs du Nourata, quelques sources d'eau suffisent à changer tout un paysage. On respire et ça fait du bien. Si bien que, selon la légende, les habitants de l'ancienne Sogdiane, l'une des grandes civilisations d'Asie centrale, y auraient trouvé refuge pour échapper à l'armée d'Alexandre le Grand. Canaux d'irrigation creusés par les premiers habitants, noyers, pistachiers, mûriers et coquelicots... Un vrai petit havre de paix loin de l'aridité du Kyzylkoum.


Les coups de cœur de nos experts : randonnée dans les vallées ; découverte des traditions rurales des monts Nourata.


13. Ferghana, que c'est doux !

Dans la vallée de Ferghana, entourée par les montagnes, les champs de coton voisinent avec les vergers de pêchers et d'abricotiers. Les fruits s'entassent sur les étals, les ateliers de tissage ouvrent leurs portes. À Marguilan, la soie continue de se fabriquer comme elle le faisait déjà au temps des caravanes. À Richtan, les céramistes font virevolter l'argile entre leurs doigts. À Chust, les maîtres couteliers façonnent les célèbres pichoks. C'est aussi ici qu'étaient élevés les légendaires chevaux célestes, des montures si réputées qu'elles attirèrent jadis les premiers émissaires chinois sur les routes d'Asie centrale. Tout semble battre au métronome. Le retour du bourdonnement de la vie.


Les coups de cœur de nos experts : visite d'un atelier de soie à Marguilan ; découverte des célèbres céramiques de Richtan ; dégustation d'abricots sur les marchés de Ferghana.


14. Moynaq et le cimetière de bateaux

À l'entrée de Moynaq, un immense panneau métallisé. Pendant quelques secondes, on se croirait davantage sur une route du Nevada ou de Californie qu'au cœur du Karakalpakstan. Quelques mètres plus loin, scintille la rouille des carcasses de bateaux, parfois à plusieurs dizaines de kilomètres de l'eau. Un port, donc, mais sans mer. Pas de poisson au menu de ce soir alors…


Les coups de cœur de nos experts : découverte du cimetière de bateaux au coucher du soleil ; visite du musée consacré à l'histoire de la mer d'Aral..


15. La mer d'Aral, va-t-on réussir à la voir ?

Mais pourquoi cette mer semble s’être évaporée ? Elle a tout de même longtemps été considérée comme la quatrième plus grande mer intérieure du monde. Et aujourd’hui, il est devenu plus banal de croiser des chameaux qu’un nageur. Dans les années 1960, le détournement des fleuves Amou-Daria et Syr-Daria pour l'irrigation provoqua son assèchement progressif. Les pistes traversent des paysages de plus en plus sauvages jusqu'à ce que… l'eau apparaisse enfin à l'horizon.


Les coups de cœur de nos experts : observation du lever du soleil sur les rives de la mer d'Aral ; nuit en campement dans les grands espaces des confins ouzbeks.

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